Aix-en-Provence : le marché immobilier se maintient

Les tendances par quartier

Aix-en-Provence : le marché immobilier se maintient

Autant Marseille a énormément évolué au cours des dernières années, autant Aix-en-Provence a tendance à vivre sur ses acquis. Après la réalisation de lieux culturels, comme le grand théâtre de Provence et le conservatoire, et la rénovation de sa gare routière, il n'y a plus de grands projets hormis le développement du campus et l'ouverture d'une salle de spectacles en 2017. Pour le commun des habitants, rien de transcendant. Et son charme, aussi important soit-il, ne suffit pas à faire tourner toutes les têtes. Les vendeurs sont cramponnés à leur prix, bien trop élevés pour répondre au niveau d'endettement des acquéreurs. Les ventes portent d'ailleurs plus sur les appartements que sur les maisons « 90 % des demandes portent sur le centre-ville et les secteurs alentours comme la Torse et les allées provençales », relève Céline Faye de l'agence Korine Olivier. Les prix ont subi une révision baissière de 20 % par rapport à 2008, qui est moins flagrante dans les quartiers prisés.

Hypercentre - Le charme de l'ancien.

Le secteur du Palais de Justice, le quartier Mazarin ou de la mairie sont les plus demandés. Céline Faye qui reçoit les clients dans son agence de la rue Esparriat connaît bien la chanson. « La pression est très forte sur les grandes surfaces qui sont encore plus rares si elles sont rénovées et desservies par un ascenseur comme cet appartement de 80 m² dans un hôtel particulier proche de la place Albertas, situé au 2e étage, sans terrasse et qui a été vendu 420 000 euros. Le prix descend dès qu'il n'y pas ce niveau de prestations. ». Pierre-André Scandolera, de Comeri Immobilier, le confirme : « il faut se montrer patient pour trouver un bien rénové. De plus, de nombreuses façades ou cages d'escalier découragent les acquéreurs. » Des clients qui revendent leur maison de Lourmarin, Gordes ou Uzès apprécient l'animation de la ville sans vouloir pour autant renoncer à un certain niveau de standing. Enfin, la présence d'étudiants et de touristes tout au long de l'année maintient la pression sur les petits produits dédiés à la location. Vu : un appartement de 40 m² rénové, proche de l'archevêché, vendu sans négociation à 240 000 euros... en une semaine !

Les allées provençales - Proximité du centre-ville.

Le tout dernier quartier de la cité est apprécié pour la qualité de ses biens. Récents, de bon, voire de très bon standing, vendu avec garage et belle vue... tout ce qui manque dans l'hypercentre. Sa cotation s'est très vite enflammée, mais aujourd'hui, il encaisse lui aussi un léger repli. Le prix est passé de 7 000 à 6 000 euros/m²... Nous sommes loin des 10 000 euros/m² atteints dans certaines résidences. La différence de prix demeure toutefois très importante avec les biens plus anciens. « L'un de nos clients a acquis un beau bien du XVIIIe siècle, avec du charme, de 95 m². Il l'a acheté 500 000 euros. Un autre appartement de 160 m², avec ascenseur, mais à rafraîchir, a été acheté 850 000 euros », détaille Pierre-André Scandolera.

La Torse - Pleins feux sur les maisons de ville.

Quartier de tout temps prisé par les familles qui inscrivent leurs enfants dans les établissements scolaires les plus renommés de la ville. Elles sont en quête de maisons de ville, dont le prix est descendu et varie aujourd'hui entre 700 000 et 1,5 million d'euros. Les appartements situés dans des résidences avec piscine et tennis sont également convoités. « Nous avons vendu un bien rénové dans l'une d'entre elles, mais qui ne possédait ni terrasse, ni garage, pour 450 000 euros », se souvient Pierre-André Scandolera.

Saint-Mitre - L'appel des collines.

Le quartier est apprécié pour sa tranquillité, ce qui prévaut aussi pour ses alentours : la montée d'Avignon, les Granettes, la Molière et le chemin de la Rapine avec ses luxueuses propriétés. « Nombre d'a priori s'évanouissent une fois sur place, affirme Catherine Serr, de l'agence éponyme. Nous avons de beaux appartements à des prix plus accessibles qu'en centre-ville. Comme ce bien de trois pièces avec garage situé dans une résidence sécurisée construite il y a une dizaine d'années, pour moins de 300 000 euros. » Le budget grimpe à 800 000 euros en moyenne pour les belles maisons de 160 à 200 m² avec piscine sur 1 500 m² de jardin.

La Duranne - De belles affaires dans le neuf.

Là non plus, les prix ne sont pas en adéquation avec la demande. Au point que « le neuf concurrence l'ancien. Un T3 de 60 m² neuf s'achète 220 000 euros avec des frais de notaires réduits, il faut compter 10 000 euros de plus en moyenne pour de l'ancien avec des frais notariés beaucoup plus importants. Mais nous observons un léger changement de tendance, une prise de conscience très progressive chez les vendeurs », souligne Éric Frachou, de l'agence Votre Maison.

Un futur écoquartier.

La Duranne peine à construire son identité. Après un premier engouement très fort pour ce nouveau quartier situé dans les collines à l'ouest de la ville et une forte hausse des prix, les acheteurs actuels ont du mal à se projeter dans cet environnement qui manque toujours de commerces et d'activités. Pourtant l'offre répond à la demande : des biens de standing, des facilités de stationnement, une grande proximité avec la zone d'activités des Milles qui concentre près de 20 000 emplois. Aux 2 200 logements existants, vont s'y ajouter 800 en cours de construction. 1 700 de plus sont prévus d'ici dix ans. La mairie envisage l'ouverture d'un second groupe scolaire, la création de nouveaux équipements culturels et espère décrocher le label écoquartier. Un moment opportun pour investir, surtout dans le neuf, dont les prix sont très bas pour Aix-en-Provence.

Source : "Logic-immo"